samedi 13 juin 2026 - 10:12
Nous ne laisserons pas le Liban aux sionistes ni à leurs relais

Hawzah /Le grand mufti jaafarite du Liban et éminente figure religieuse du pays a déclaré que ce qui se déroule aujourd’hui revient à remettre la souveraineté du Liban entre les mains de ceux qui l’ont transformée en un capital politique et en un cadeau sécuritaire offert à Washington et à Tel-Aviv.

Liban (A.P.Hawzah) –Hojjat al-Islam Cheikh Ahmad Qabalan, grand mufti jaafarite et personnalité religieuse de premier plan au Liban, a adressé un message au président libanais, le général Joseph Aoun, ainsi qu’aux forces politiques du pays.

Dans ce message, il a affirmé que ce qui se passe aujourd’hui revient à restituer la souveraineté du Liban à ceux qui l’ont convertie en un instrument politique et en une offrande sécuritaire placée entre les mains de Washington et de Tel-Aviv. Dans ce contexte, il a souligné que la guerre menée par l’Iran contre « l’Israël terroriste » est également celle du Liban, et que la nature même de ses objectifs s’inscrit au cœur des intérêts nationaux libanais. « Nous sommes solidaires de cette guerre et nous y prenons part », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que quiconque s’oppose à cette réalité nationale trahit sa patrie, affirmant qu’il n’existe pas de trahison plus grave que celle d’une souveraineté honteusement offerte à un Washington acquis au projet sioniste.

Cheikh Qabalan a poursuivi en appelant certains responsables à se réveiller avant qu’il ne soit trop tard, soulignant : « Nous n’abandonnerons pas le Liban aux sionistes, à leurs agents ni à leur vacarme médiatique. » Il a rappelé avoir déjà averti ceux qui sont obsédés par la vente de l’indépendance du Liban que le monde est régi par les alliances et que celles-ci reposent sur des convergences d’intérêts et de convictions nationales. Selon lui, le Liban ne peut survivre qu’en s’appuyant sur des alliances capables de garantir sa souveraineté face à l’expansionnisme israélien, lequel cherche, selon ses termes, à engloutir l’existence même du Liban.

Poursuivant son propos, le mufti a estimé que l’autorité actuelle et les choix qu’elle adopte traitent le Liban comme une proie gratuite dans le cadre d’un jeu de substitution particulièrement dangereux. Il a affirmé que l’Iran est un grand pays qui a toujours respecté la souveraineté nationale du Liban, tandis que les États-Unis constituent, selon lui, « un fléau mondial » et un adversaire acharné du Liban et de sa souveraineté.

Il a également déclaré que le courant politique lié aux États-Unis devait être empêché de poursuivre ce qu’il qualifie de jeu de trahison nationale et politique, ajoutant que celui qui trahit le dépôt sacré de la nation ne mérite plus aucune confiance. Selon lui, la position souverainiste adoptée par l’Iran a démontré au monde entier que la souveraineté du Liban — et non seulement celle de Beyrouth — constitue une ligne rouge pour Téhéran, alors même que l’autorité actuelle demeure, selon ses termes, fascinée par un projet de « sionisation » du Liban.

Dans la suite de son message, le grand mufti jaafarite a déclaré : « Le bureau de Benyamin Netanyahou affirme que le président américain Donald Trump couvre les attaques contre Beyrouth. Pourtant, certains continuent de faire preuve d’arrogance, de jouer avec le feu de la paix civile et d’entretenir leur hostilité à l’égard de la Résistance et de l’Iran, comme si le Liban était une propriété privée. »

Il a insisté sur le fait qu’une telle vision ne pourra jamais s’imposer dans le pays, affirmant que le Liban appartient à tous ses citoyens et ne peut exister que sur la base d’un véritable partenariat national.

Cheikh Qabalan a en outre souligné que ceux qui considèrent « l’Israël terroriste » comme un modèle ou un allié légitime devraient s’y rendre eux-mêmes et laisser le Liban à son peuple ainsi qu’à ceux qui ont consenti des sacrifices pour la nation.

Selon lui, les forces nationales et les différents fronts de résistance rejetteront toute autorité qu’il qualifie de traîtresse, avertissant que toute tentative visant à sioniser le Liban conduirait le pays vers une dangereuse escalade.

En conclusion, il a réaffirmé avec insistance que le dialogue national commence à Aïn el-Tiné — siège du président du Parlement libanais — et s’y achève. « Quiconque contourne Aïn el-Tiné contourne le Liban lui-même », a-t-il conclu.

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